

Vegan Reggae
Voix : Suno
Vegan Reggae est une chanson humoristique et absurde qui détourne les débats sur le végétarisme, la condition animale et l’écologie pour en faire une réflexion plus large sur le rapport de l’être humain au vivant. Derrière son apparente légèreté, le texte glisse progressivement vers une forme de misanthropie douce, où le narrateur finit par se sentir plus proche des animaux, puis des végétaux, et finalement du monde minéral.
La chanson adopte la forme d’un monologue intérieur nourri d’associations d’idées, de digressions et de raisonnements volontairement décalés. Une simple visite chez le boucher déclenche une suite de réflexions qui entraînent le narrateur bien au-delà de la question alimentaire. Le refus de la viande devient le point de départ d’une remise en question de la place de l’homme dans le monde.
L’humour repose sur un mélange d’observations du quotidien, de logique poussée jusqu’à l’absurde et d’autodérision. Le texte passe sans transition de la critique des élevages industriels à la longévité des pierres, des poules aux diamants, créant un univers où les réflexions existentielles côtoient les images les plus incongrues. Cette dérive progressive donne à la chanson son ton singulier, entre satire sociale et fantaisie philosophique.
Le thème central n’est finalement pas le véganisme lui-même, mais le désenchantement vis-à-vis de l’humanité. Le narrateur se détache peu à peu des hommes, puis des animaux, puis même des plantes, pour trouver dans le monde minéral une forme de stabilité et de permanence qui lui semble rassurante. Cette fuite vers l’inerte constitue une métaphore humoristique du désir d’échapper aux contradictions et aux souffrances du vivant.
Le reggae accompagne cette démarche. Son rythme détendu contraste avec les questions parfois sombres abordées par le texte et renforce l’impression d’une méditation nonchalante où les idées s’enchaînent librement. Cette distance musicale permet d’aborder des sujets sensibles sans militantisme ni moralisme.
Sous son apparence de plaisanterie, Vegan Reggae propose ainsi une réflexion originale sur notre rapport aux animaux, à la nature, au temps qui passe et à la condition humaine. Une chanson où l’absurde sert à révéler les contradictions du monde moderne tout en invitant à prendre un peu de recul sur nos certitudes.
Les paroles intégrales de la chanson Vegan Reggae sont proposées ici accompagnées de l’enregistrement audio.
Chanson inspirée par le monologue « Divan » extrait du recueil Comme un poisson de Jean-Pierre Martinez
https://jeanpierremartinez.net/comme-un-poisson-dans-lair/
Les paroles de la chanson Vegan Reggae
Vous savez comment m'a appelé le boucher, ce matin
Le p'tit monsieur... Qu'est-ce qu'y veut, le p'tit monsieur
C'est la première fois qu'il m'appelle comme ça
Ça fait peur, non
Que le boucher me voir comme le p'tit monsieur
Heureusement je ne ne fais pas les courses avec ma femme
Il serait foutu de nous appeler le p'tit couple
Qu'est-ce qu'y veut, le p'tit couple
Là, je crois que je deviens tout de suite végétarien
Non, plus ça va, plus je me sens proche du minéral
Je ne sais pas pourquoi. Vous connaissez le dicton
Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien
Moi, plus le temps passe, plus les gens m'ennuient
Les chiens aussi, d'ailleurs
La viande, ça m'a toujours un peu dégoûté, de toute façon
Pas vous
Le poulet, à la rigueur
C'est vrai, c'est effrayant
Une boucherie, si on y pense
Cette chair sanguinolente étalée partout
Ces carcasses d'animaux entiers dans la chambre froide
Toutes ces vaches innocentes qu'on enferme
Dans des camps à la campagne
Entourés de fil de fer barbelé
Parfois même électrifié
En attendant de les conduire à l'abattoir
Et de les démembrer
Pauvres bêtes. Heureusement, elles
Elles ne sont pas au courant de ce qui les attend
Quand je les vois
Avec cette espèce de suaire blanc sur la tête
Sortir les cadavres de leurs victimes du camion frigorifique
En les portant sur leur dos
Vous saviez que cinq cent millions d'Indiens
Etaient végétariens
Non, plus ça va, plus je me sens proche du minéral
Je ne sais pas pourquoi. Vous connaissez le dicton
Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien
Moi, plus le temps passe, plus les gens m'ennuient
Les chiens aussi, d'ailleurs
C'est parmi les pierres que je me sens vraiment bien
Une vie d'homme... C'est trop court, non
Alors une vie de chien... Tandis qu'une pierre, ça ne vieillit pas
Même les arbres, ça ne me dit plus rien
Pourtant, il y en a qui ont plus de mille ans
Mais un arbre aussi ça finit par mourir
Ça peut avoir des maladies
Et puis c'est bouffé par les vers
Ça finit par réintégrer la chaîne alimentaire
Une pierre, non. Personne ne mange de cailloux
Sauf les poules, c'est évidemment
Pour fabriquer la coquille de leurs œufs
C'est vrai
Alors on ne peut pas dire non plus
Que même les diamants sont éternels
Vous croyez que les dinosaures bouffaient aussi des diamants
Pour fabriquer leurs œufs
À quoi bon être un caillou
Si c'est pour finir en coquilles vides après une omelette
Alors pourquoi j'aime les pierres, allez savoir
Non, plus ça va, plus je me sens proche du minéral
Je ne sais pas pourquoi. Vous connaissez le dicton
Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien
Moi, plus le temps passe, plus les gens m'ennuient
Les chiens aussi, d'ailleurs
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