

Repentir
Voix : Suno
Repentir est une méditation poétique sur le temps qui passe, les choix que nous faisons et ceux que nous n’osons pas faire. En empruntant au vocabulaire de la peinture, de l’écriture et de la création artistique, la chanson compare chaque existence à une œuvre en perpétuelle construction.
Le titre joue sur un double sens. Dans l’histoire de l’art, un repentir est une modification apportée par un peintre à son œuvre au cours de son élaboration. Dans le langage courant, le repentir renvoie aux regrets et aux remords. Toute la chanson repose sur cette ambiguïté : peut-on vraiment corriger sa vie comme on corrige un tableau ?
Le texte explore les traces laissées par nos erreurs, nos hésitations, nos renoncements et nos rencontres. Comme les couches successives d’une peinture ou les ratures d’un manuscrit, rien ne disparaît complètement. Chaque expérience contribue à façonner l’œuvre finale, même lorsqu’elle semble imparfaite ou inachevée.
Mais loin de céder au pessimisme, la chanson rappelle aussi le caractère éphémère de la gloire, de l’échec et du jugement des autres. Les succès comme les fautes finissent par s’effacer avec le temps. Ce qui demeure, ce n’est pas la perfection de l’œuvre, mais le fait d’avoir tenté de la créer.
Entre jazz intimiste, réflexion existentielle et poésie du quotidien, Repentir est une chanson sur la mémoire, le temps, les regrets et l’acceptation de notre condition humaine.
Les paroles intégrales de la chanson Repentir sont proposées ici accompagnées de l’enregistrement audio.
Chanson inspirée de la pièce de théâtre Repentir de Jean-Pierre Martinez
https://jeanpierremartinez.net/repentir/
Les paroles de la chanson Repentir
La vie est nature morte
C’est un auto-portrait
Un tableau qu’on retouche
Chaque jour trait par trait
Chef d’œuvre ou simple esquisse
Tableau de maître, barbouillage
Brouillon, enfantin coloriage
Il n’y a qu’à la fin
Qu’on jugera de l’ouvrage
Ce qui est fait, est fait
Il faudra le signer
Notre grand-œuvre, nos méfaits
Il faudra l’assumer
On a droit à l’erreur
Mais quand on s’est trompé
On n’a pas toujours droit
À un deuxième essai
La vie est palimpseste
Comme sur un manuscrit
Les cicatrices apparaissent
Les ratures, les non-dits
Le tableau est complet
Le chef d’œuvre en péril
Il nous reste à la bouche
Le goût d’inachevé
Les remords pour ce qu’on a fait
Les regrets de n’avoir pas osé
Les repentirs, les corrigés
Rien ne s’efface jamais
Les mauvaises rencontres
Les rendez-vous manqués
Ce qu’on n’a pas volé
Et les pour et les contre
Pour le meilleur et pour le pire
Nos mauvaises décisions
Et nos trains qui déraillent
Pour un oui, pour un non
Non, rien de rien
Nous n’y changerons rien
En reposant le pinceau
Pour admirer la toile
Le temps se chargera
Sur son ardoise magique
D’effacer le tragique
De nos victoires sans éclats
La gloire ne durera
Que l’espace d’un été
Et l’opprobre tout au plus
Qu’une poignée d’années
Le tableau est complet
Le chef d’œuvre en péril
Il nous reste à la bouche
Le goût d’inachevé
Les remords pour ce qu’on a fait
Les regrets de n’avoir pas osé
Les repentirs, les corrigés
Rien ne s’efface jamais
Aux marchands de tableaux
D’estimer notre cote
Aux réseaux sociaux
De nous donner une note
La popularité n’est pas une valeur sûre
Et l’immortalité ne dure
Pas plus que la sépulture
Les remords pour ce qu’on a fait
Les regrets de n’avoir pas osé
Les repentirs, les corrigés
Tout finira par s’effacer
Nous n’aurons existé
Que d’avoir essayé
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