

Insomnia
Voix : Suno
Insomnia transpose en électro-pop un monologue poétique consacré à l’expérience universelle de l’insomnie. Dans cette zone suspendue entre la nuit et l’aube, la conscience s’affranchit des repères habituels et dérive vers des réflexions qui dépassent largement la simple difficulté à trouver le sommeil.
La chanson explore ce moment particulier où l’esprit reste seul face à lui-même, lorsque le silence du monde amplifie les pensées les plus intimes. Le décompte obsessionnel, les images du sommeil et les interrogations sur l’identité composent un voyage intérieur à la fois personnel et universel.
L’univers électro-pop accompagne naturellement cette errance mentale. Les textures répétitives, les pulsations discrètes et les atmosphères flottantes évoquent l’état intermédiaire dans lequel se trouve l’insomniaque : ni tout à fait éveillé, ni véritablement endormi.
Au-delà du thème du sommeil, la chanson interroge notre rapport au temps, à la conscience et à la peur de disparaître dans l’anonymat du monde. Elle transforme une expérience intime en réflexion existentielle portée par une esthétique moderne et hypnotique.
Les paroles intégrales de la chanson Insomnia sont proposées ici accompagnées de l’enregistrement audio.
Chanson inspirée par le monologue « Les petites heures » extrait du recueil Comme un poisson de Jean-Pierre Martinez
https://jeanpierremartinez.net/comme-un-poisson-dans-lair/
Les paroles de la chanson Insomnia
Les petites heures, vous connaissez
Un, deux, trois, quatre...
À cinq, on serait déjà tiré d'affaire
Il suffirait de patienter un peu en écoutant la radio
Mais on se réveille, et on regarde par la fenêtre
Pas une lueur
On tend l'oreille
Pas un chant d'oiseau
Les diurnes dorment encore
Les nocturnes sont déjà couchés
Aucun espoir de lendemain proche
On est au plus profond de l'obscurité
Dans la contrée d'aucun homme
La nuit des dormeurs éveillés
Je compte jusqu'à cent. À l'envers
Quatre-vingt dix-neuf, quatre-vingt dix-huit, quatre-vingt dix-sept
Espérant qu'avant la fin de ce compte à rebours
J'aurai cessé de compter
J'aurais cessé de lutter
Bien sûr, il suffirait de se lever
Et marcher
Lève-toi et marche
Mais ce serait prématuré
Contre nature, même
Voir la nuit avant d'avoir vu le jour
Alors il faut rebrousser chemin
Repasser la frontière
Revenir là où rien ne peut encore nous atteindre
Où rien ne peut nous attendre
Où personne ne peut nous entendre
L'au-delà est l'en-deçà d'un éternel réversible
Je compte jusqu'à cent. À l'envers
Quatre-vingt dix-neuf, quatre-vingt dix-huit, quatre-vingt dix-sept
Espérant qu'avant la fin de ce compte à rebours
j'aurai cessé de compter
j'aurais cessé de lutter
Les nuits de grande insomnie, je commence à sept milliards
Six milliards neuf cent quatre-vingt dix neuf millions neuf cent quatre-vingt dix neuf mille neuf cent quatre-vingt dix neuf
Avant que mon tour arrive
Dans cette salle d'attente à ciel ouvert qu'est le monde des vivants
Combien de temps pour effeuiller une à une toutes ces existences
Qui ne sont pas la mienne
Pour me reconnaître dans cette foule
Et trouver mon sommeil
Une nuit pour savoir qui on est
Ce qui nous distingue des autres
Une vie pour découvrir tout ce qui n'est pas nous.
Je compte jusqu'à cent. À l'envers.
Quatre-vingt dix-neuf, quatre-vingt dix-huit, quatre-vingt dix-sept
Les nuits de grande insomnie, je commence à sept milliards
Six milliards neuf cent quatre-vingt dix neuf millions neuf cent quatre-vingt dix neuf mille neuf cent quatre-vingt dix neuf
Mourir. Se fondre à nouveau dans l'indistinct
Dormir. Avec la peur de se réveiller un autre
Dans une obscurité qui ne serait plus
qu'un cauchemar sans espoir de matin
Ce qui me tient en vie, qui me tient en éveil
C'est la peur de sombrer par une mauvaise nuit
Dans le mauvais sommeil
Le cauchemar éternel
L'insomnie est une course immobile contre le temps
Une victoire provisoire
Quatre, trois, deux, un
Suspendues entre la torpeur de la nuit et la brutalité du réveil
Les petites heures égrènent le temps compté des insomniaques
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