

Morts de rire
Voix : Suno
Avec Morts de rire, Jean-Pierre Martinez aborde l’un des sujets les plus universels et les plus redoutés — la mort — en choisissant délibérément l’angle de l’humour. La chanson détourne les codes de l’éloge funèbre et des récits héroïques pour imaginer une disparition aussi improbable qu’irrésistible : mourir de rire.
Le texte passe en revue les multiples façons dont les êtres humains quittent ce monde : morts héroïques, tragiques, absurdes, accidentelles ou anonymes. À travers cet inventaire parfois burlesque, il souligne combien la mort échappe aux scénarios que nous imaginons pour nous-mêmes.
Face aux grandes figures de l’Histoire, aux héros célébrés et aux victimes commémorées, le narrateur revendique une sortie beaucoup moins solennelle. Cette mort dérisoire devient alors une manière de désacraliser l’inéluctable et de rappeler que l’existence est souvent plus absurde que les récits que l’on construit autour d’elle.
La chanson s’inscrit dans une longue tradition d’humour noir où le rire devient un moyen de conjurer l’angoisse. Elle suggère qu’à défaut de pouvoir éviter la mort, il est toujours possible d’en rire, voire de lui rire au nez.
Portée par l’énergie légère et insolente du rockabilly, la chanson oscille constamment entre fantaisie et réflexion. Derrière les jeux de mots et les situations cocasses se dessine une philosophie simple : puisque la fin est inévitable, autant essayer de conserver son humour jusqu’au bout.
Les paroles intégrales de la chanson Morts de rire sont proposées ici accompagnées de l’enregistrement audio.
Chanson inspirée de la pièce de théâtre Morts de rire de Jean-Pierre Martinez
https://jeanpierremartinez.net/morts-de-rire/
Les paroles de la chanson Morts de rire
La vie on sait quand ça commence
On ne sait jamais quand ça finit
On naît le jour de sa naissance
On ne meurt pas souvent dans son lit
Y’a ceux qui tombent au champ d’honneur
Un drapeau couvrira leur cercueil
Y’a les badauds tués par erreur
Personne ne portera leur deuil
Y’a ceux qui meurent d’une mort rapide
Aux vingt-quatre heures dans un bolide
Y’a ceux qui meurent d’une mort stupide
Ceux qui en mourant font un bide
Des héros on chantera les hauts faits
Aux victimes on élèvera des monuments
Mais quand on évoque mon décès
Y’a toujours un moment de flottement
Je suis mort de rire
C’est pas très glorieux
Je suis mort de rire
C’est pas douloureux
Je suis mort de rire
C’est pas très sérieux
Y’a ceux qui meurent de froid l’hiver
Ou de soif dans le désert
Y’en a qui meurent de peur parfois
Sans même savoir pourquoi
Y’a ceux qui meurent de trop aimer la vie
Y’a ceux qui meurent de n’pas l’aimer assez
Y’a ceux qu’on pleure, qui sont partis trop tôt
Ceux qu’on aurait aimé voir partir plus tôt
Certains sont morts dans un éclat d’obus
Moi je suis mort dans un éclat de rire
Pardonnez-moi, si j’avais su
C’est pas une façon… très digne de mourir
Je suis mort de rire
Ça peut, être dangereux
Je suis mort de rire
Ç’aurait pu être mieux
Je suis mort de rire
C’est pas bien fameux
Si tout là-haut quelqu’un m’attend
Que ce soit Saint-Pierre ou Lucifer
J’espère qu’il rira pas autant
En me voyant, ce s’rait plutôt vexant
Il est mort de rire
C’est mon épitaphe
Il est mort de rire
Diront mes biographes
Il est mort de rire
J’en vois qui s’esclaffe
Il est mort de rire
Ne le pleurez pas
Rira bien qui rira le dernier
Rire c’est ce que j’ai fait en dernier
Mourir gai c’est mieux que mourir vieux
Car mourir c’est déjà pas très joyeux
Mort de rire, c’est pas très sérieux
Mais je sens que ça fait déjà des envieux
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